|
|
|
|
Editions Delacroix et LIESI | |
|
|
Commerce Solidaire COOPAMI | |
|
|
Conditions Générales | |
|
|
Informatique et Libertés | |
|
|
Echanges de liens | |
|
|
|
|
|
|
|
|
par Pierre Fontaine
![]() |
Pierre Fontaine entrevoyait en effet la guerre du Caucase, avertissait que l'enjeu du pétrole caucasien concernerait deux acteurs majeurs : les Etats-Unis et la Russie. En plus, selon lui, cette course à la conquête du pétrole du Caucase serait l'élément catalyseur d'une nouvelle guerre mondiale.
La justesse des prévisions de Pierre Fontaine légitime la perspicacité de son analyse sur des évènements antérieurs, tels ceux qui motivèrent certaines puissances oligarchiques à déclencher la Première, puis la Seconde Guerre mondiale. La rédaction de LIESI s'accorde totalement avec la grille de lecture de Pierre Fontaine lorqu'il affirme que ces deux guerres mondiales furent l'aboutissement d'une guerre secrète du pétrole engagée par le groupe anglo-hollandais contre le groupe américain emmené par Rockefeller. L'arrivée de B. Obama, soutenu par Z. Brzezinski, fidèle de D. Rockfeller, pourrait, selon nous, être le signal clair d'une guerre imminente contre le groupe anglo-hollandais... pour le contrôle du Nouvel Ordre Mondial.
Sommaire :
Extrait de l’ouvrage LA GUERRE SECRETE DU PETROLE, de Pierre Fontaine.
Le pétrole est un symbole, celui de la colonisation occulte des pays dépourvus de sources énergétiques indispensables au travail des hommes. Il est à la base de la plupart des transformations de matières diverses engendrant d’autres trusts d’importance moindre. Ceux qui en captèrent la production et la commercialisation sont devenus plus puissants que les gouvernants issus du suffrage universel ; ils sont dangereux et mal connus.
Les premiers pétroliers (américains) pensèrent essentiellement à un « business » international. En accaparant les sources et le commerce du pétrole, ils ne visaient que le monopole commercial d’un produit devenant, par la motorisation, de plus en plus indispensable au monde à un cours imposé par eux sans tenir compte du prix de revient. Feu J. D. Rockefeller, le créateur du business, jouissant d’un revenu QUOTIDIEN d’entre trois et quatre millions de francs. Les pétroliers britanniques se lancèrent sur la même piste que leurs confrères d’outre-Atlantique pour le même objectif, avec les mêmes discutables méthodes, mais en liant leurs intérêts aux intérêts généraux du Royaume-Uni. Politique bientôt imitée par les pétroliers américains. En contrôlant la quasi-totalité des sources de pétrole éparses à travers le monde, Américains et Britanniques supervisaient l’activité économique des nations dépourvues de gisements du précieux carburant. Le pétrole remplaçait avantageusement les troupes d’occupation et les prot
ectorats visibles.
Le 1er Reich voulut secouer, le premier au monde, le joug pétrolier anglo-saxon en cherchant, avec les Turcs, le pétrole mésopotamien. Cette tentative aboutit à la guerre de 1914. Et le monde retomba sous l’emprise pétrolière américano-britannique.
Ce livre donne l’origine indiscutable de la guerre de 1939 dont le prélude était de faire rentrer le pétrole soviétique dans le giron pétrolier anglo-saxon. Aujourd’hui, phase plus dramatique pour Londres et Washington, le pétrole soviétique prépare sa revanche et, tout comme le pétrole adverse, il est aussi teinté de politique. [...]
Qui donc a préconisé la recherche du pétrole en France AVANT celle du Sahara ? Je crois être l’un des premiers et l’un des rares à l’avoir conseillé. Avec l’Algérie indépendante, où nous retrouvons-nous en matière pétrolière ? Pourquoi la France, à défaut de pétrole, se désintéresse-t-elle de ses roches pétroligènes ? Quels partis politiques se penchèrent, en un demi-siècle, sur le problème d’indépendance économique sans laquelle l’indépendance politique n’est qu’un leurre ? Ce silence destiné à maintenir le pays dans la dépendance des profits étrangers (sachant rétribuer les concours intérieurs) ne put être imposé qu’avec la collaboration de gouvernants, pusillanimes parfois, incompétents peut-être, mais le plus souvent employés inféodés. Ce qui revient à dire que la véritable indépendance nationale fut délibérément monnayée : la vassalité entraîne la complicité de guerre. Les trusts pétroliers n’ont pas seulement l’exclusivité d’une matière première, ils détiennent aussi une extraordinaire puissanc
e financière particulièrement dangereuse dans les régimes à irresponsabilité totale des politiciens et des grands commis.
M. Guy Mollet, président du conseil en 1956-57, ne me démentira pas. Plouto-démocrates, les gouvernements anglais et américain soutiennent leurs pétroliers leur amenant l’appui de leur emprise économique corruptrice. « La Standard Oil fera pour les Etats-Unis ce que la Royal Dutch-Shell fait pour la Grande-Bretagne », est une phrase pétrolière « historique ». [...]
Toutes les recherches en dehors de l’orbite anglo-saxonne furent systématiquement sabotées. En France surtout ! Alors, au moment où elle devenait puissance pétrolière avec le Sahara, le Gabon, tout craqua et la France se retrouve comme avant, sous la dépendance du carburant étranger. Aucun hasard, ni « sens de l’histoire » dans l’opération, une implacable politique des pétroliers tout simplement, annoncée par nous bien avant sa réalisation.
Cette pesante sujétion anglo-saxonne dura plus d’un demi-siècle sur le monde. Est-elle terminée ou sur le point de l’être avec l’accession de l’U.R.S.S. au deuxième rang de producteur mondial de pétrole ? La vieille Europe occidentale, accaparée par les jeux de l’agio et se vautrant devant le veau d’or dispensateur de ses commodités sans songer aux lendemains de sa descendance, tomberat-elle dans le piège de la moderne motorisation à l’excès pour se trouver, un jour, devant de beaux jouets sans produits pétroliers pour les animer ? Le pétrole, nouvel esclavagiste des peuples sans idéal, peut-il devenir un facteur de chantage et de troubles plus efficace qu’une guerre ? En France, oui et tout demeure possible dans le domaine pétrolier quand les questions économiques NON RÉGIES PAR DES LOIS FIXES sont soumises au bon plaisir des hommes de passage de la politique. Or, si l’on fit une loi pétrolière pour le Sahara et pour le Mali, on se garda bien d’en promulguer une pour la métropole, afin que le pétrole dem
eurât une matière dépendant du fait du prince dont la prévoyance et la clairvoyance ne sont pas les qualités maîtresses.
Le pétrole est entre les mains de sociétés bancaires et il englobe une partie de l’industrie par le raffinage, les transports spécialisés, les pipelines, les appareils de recherche et de distribution, la pétrochimie. Directement et indirectement, il est devenu la plus extraordinaire affaire mondiale. Si le pétrole anglo-saxon venait à sauter, tout un système international s’effondrerait. Moscou le sait bien, Washington et Londres ne l’ignorent pas. Mais les Français préfèrent twister sur le volcan. La perte de l’Algérie-Sahara en contrôle direct d’une source pétrolière affaiblit considérablement les positions françaises, car, seule, une économie indépendante en carburants pourrait maintenir la France à l’écart d’un litige au règlement inéluctable. Malheureusement, la masse tenue dans l’ignorance volontaire des causes n’a pas acquis le sentiment des réalités qui conditionnent son existence. Dans très peu d’années, il sera trop tard.
A cinquante années de carences volontaires et de servage succède l’irréalisme de technocrates et de politiciens combinards. Le pétrole existe EN FRANCE sous différentes formes ; l’essence de pétrole n’est ni indispensable ni le meilleur des carburants. Nous pouvons nous créer une autonomie de ressources énergétiques et ne plus dépendre des apports extérieurs. Puisque le pétrole est une question de guerre ou de paix, au public à réfléchir avec ces nouveaux arguments qui s’étagent d’hier à demain.
NAISSANCE ET ENTRETIENS DE LA DICTATURE PETROLIERE
L’automobile faisait ses débuts en France et les constructeurs ne savaient pas encore quel carburant convenait exactement aux véhicules motorisés. Aussi, dès 1903, une course futelle organisée sous le nom de « Circuit des carburants ». Ce circuit réunissait des automobiles utilisant, les unes l’essence de pétrole, les autres l’alcool. Le jury était présidé par le marquis de Dion et comprenait diverses personnalités dont M. Chaix, alors quelque chose comme secrétaire général de « l’Association du pétrole ».
Une course pleine d’émotions et de teufs-teufs sonores. L’ambiance était excellente et les spectateurs, peu nombreux, se passionnaient pour la compétition des voitures alors hautes sur roues. Une automobile de la marque Dietrich triompha confortablement avec plusieurs kilomètres d’avance. Cette voiture avait un moteur qui utilisait uniquement l’alcool pur comme carburant.
Un drame commençait.
« ... M. de Dion-Bouton applaudit à tout rompre à la victoire de la Dietrich. M. Chaix fronça les sourcils. Alors M. de Dion baissa son panache, se troubla et se tut. M. Chaix fit un signe et, docile, le noble marquis vint aux ordres de M. Chaix.
Frémissantes, les automobiles attendaient les couronnes ; les moteurs explosaient de triomphe, l’orgueil était à l’échappement libre. La Dietrich connaissait une heure de gloire inouïe. Déjà, des drapeaux tricolores pavoisaient, comme il convient, la victorieuse.
C’est alors que, morne, tremblant et blême, M. de Dion se dressa devant l’assemblée et déclara disqualifiée, par lui, président du jury, lui, marquis de Dion, ladite Dietrich : l’alcool employé dans le moteur n’étant pas un produit homogène.
Il y eut un moment d’étonnement et de stupeur !
M. le marquis de Dion courba la tête. M. Chaix était rayonnant.
Depuis, au Salon de l’Automobile, le marquis de Dion a avoué qu’il était au vif regret de s’être laissé influencer par M. Chaix, l’homme des pétroliers.
‘‘J’étais obligé d’en passer par là, déclara le marquis de Dion. M. Chaix commandite de cinq millions la société De Dion-Bouton. Or, M. Chaix plaidait la cause de l’essence au nom des pétroliers et menaçait de retirer ses fonds de mon affaire si je déclarais valable la course fournie par la Dietrich...’’ » [...]
Ce truquage de 1903 allait avoir des conséquences extraordinaires avec le développement dans le monde entier des moteurs à carburant liquide. II faut reconnaître aux pétroliers une politique à longue échéance. [...] Voilà pour quelles raisons l’alcool, que tout le monde peut produire en partant de n’importe quels végétaux, ne put jamais concurrencer avantageusement le pétrole. C’est ce qu’on appelle : les batailles secrètes du pétrole, lesquelles impliquent des fonds secrets considérables nécessaires aux achats de complicité et de conscience. [...]
Imaginez que la France où un groupe de pays pacifiques proclame que le pétrole a cessé de l’intéresser puisque ses carburants sont puisés dans la mer ou dans les roches pétroligènes. Les anglo-saxons seraient obligés d’abandonner leur superbe, les Soviétiques devraient renoncer à leurs pipelines géants, préparant la dernière phase de la guerre du pétrole, et chacun serait contraint de réviser toutes ses positions. La paix respirerait mieux.
Utopie ! Oui, je le sais. Le pétrole ne valant plus que pour la pétrochimie, sa valeur s’effondrerait des trois quarts. La panique régnerait dans les bourses, le régime capitaliste devrait se réviser. Entre le sacrifice d’argent et le sacrifice de vies humaines, la bêtise des hommes préfère l’atomisation. [...]
[Au cours de la Première Guerre mondiale] Rockefeller avait détourné ses tankers du chemin des ports français et la France n’eut plus, un certain moment, que quatre jours d’avance de carburant. Le maître de la Standard était furieux que les Britanniques occupent la Mésopotamie turque dont le pétrole devait permettre aux pétroliers britanniques de damer le pion aux pétroliers américains après la guerre. Aussi J.D. Rockefeller jouait-il carrément la carte allemande en privant de ravitaillement les alliés ; la victoire de l’Allemagne l’eût débarrassé définitivement de la concurrence anglaise. On sait que Georges Clemenceau rétablit la situation in extremis en intervenant auprès du président Wilson, intervention résumée par le fameux slogan (faux du point de vue historique) : « Une goutte de pétrole vaut une goutte de sang ». Surveillé, le vieux Rockefeller dut reprendre ses livraisons de pétrole vers la France. [...]
Le député Margaine vous parle :
« ... Pour comprendre comment nous avons été amenés à réclamer le monopole, il faut rappeler comment le trust pétrolifère (sic) s’est installé en France. En 1903, nous importions 85 % de pétrole brut et 15 % de pétrole ‘‘fini’’. En 1903, les anglo-saxons obtenaient (note du gouvernement français, bien entendu) la révision des droits de douane, afin d’introduire plus facilement leurs produits ‘‘finis’’. Le résultat ne se fit pas attendre. En 1913, les proportions étaient renversées. Nous introduisions 85 % de produits ‘‘finis’’ et 15 % de produits bruts. Puis, en 1918, le pourcentage d’importations de pétrole brut tombait même de 15 % à 0 ».
Ouvrons une parenthèse pour fixer l’opération favorisée par le gouvernement français. L’importation de pétrole brut nécessite le raffinage en terre française, donc création d’industries, emploi de main-d’oeuvre locale. En favorisant les importations de produits ‘‘finis’’, les gouvernants français permettaient aux trusts étrangers de travailler à plein rendement dans leurs raffineries nationales et sans frais de nouvelles installations à amortir. Le raffinage étant l’opération industrielle la plus rentable du pétrole, il est facile de discerner la part royale faite aux trusts par « la révision des droits de douane ».
Le député Margaine continue :
« Non content d’avoir tué l’industrie française du pétrole raffiné, le trust anglo-saxon a projeté d’éliminer toutes les maisons françaises qui importent les produits finis ». [...]
La stérilisation de l’industrie des produits finis, c’est-à-dire le renoncement au raffinage en territoire français, aurait eu une contrepartie secrète en faveur de gros clients du pétrole américain. Une partie de l’abaissement des droits de douane sur les produits finis aurait été ristournée à certains importateurs français qui participaient ainsi à la plus-value des bénéfices des exportateurs de pétrole américain, au détriment, bien entendu, de l’activité économique française. [...]
Laissons M. Margaine achever son exposé.
« Je sais que les esprits superficiels se réjouissent parce qu’on distille de nouveau le pétrole en France. En effet, une distillerie assez importante a été installée à Douai. Et certains de dire : voici que reprend en France l’industrie du pétrole raffiné, voici que l’on importe à nouveau du pétrole brut. La réalité est plus complexe. Ce fait, loin de démontrer un recul quelconque du trust, marque au contraire, pour lui, un progrès nouveau. Car l’usine de Douai appartient à l’Anglo-Persian Oil Cy qui vient raffiner directement en France. Cette compagnie a, en effet, constaté que, durant la traversée de la mer Rouge, ses pétroles raffinés en Perse s’évaporaient. C’est pour éviter cette perte qu’elle a décidé de raffiner chez nous.
« Ainsi, le trust est en passe de devenir maître absolu, non seulement du marché, mais de la France. Car, mesurez la conséquence, nous ne pourrions nous défendre, en temps de guerre, sans l’autorisation des Anglo-Saxons... Sans pétrole, les plus importants services de Défense nationale ne pourraient plus être assurés.
« Pour parer à ce danger, il n’y a qu’un remède : le monopole d’importation de l’Etat. Il faut que, seul, l’Etat puisse importer le pétrole en France. C’est lui seul qui livrera les produits aux grossistes ; les producteurs anglo-saxons ne sont nullement menacés par ce système. Ce que je veux, c’est que soit créé un organisme d’Etat capable de jouer un rôle régulateur ».
Tout cela était bien raisonné... dès 1927. Et fort prophétique puisque les trois-quarts des raffineries installées aujourd’hui en France sont des filiales des trusts anglo-saxons. Le projet Margaine, approuvé par le Parlement, qu’en advint-t-il ? Rien, rigoureusement rien. [...]
Parmi les banques d’affaires pétrolières françaises, celles de MM. de Rothschild frères et Lazard et Cie sont connues. La IVème République eut son René Mayer-Rothschild et son Mendès-France du lobby Lazard, la Vème République son Pompidou-Rothschild et son Jacquinot-Lazard. Pourquoi voudrait-on que quelque chose changeât dans ce domaine ? Les électeurs n’y comprennent pas grand’chose et les gouvernants savent que, pour leur durée, il vaut mieux gouverner pour les pétroliers que contre eux. Tant pis si cette plouto-démocratie mène le pays vers le troisième conflit mondial ; la faute en retombera uniquement sur les électeurs votant pour les hommes qui couvrent les sordides combinaisons du pétrole et qui coûtèrent, déjà, l’Algérie-Sahara à la France, donc son indépendance économique, seule garantie de ses décisions diplomatiques.
A DEFAUT DE GISEMENTS DE PETROLE
[...] En juin 1927, une revue parisienne annonçait «l’offensive mondiale des pétroliers contre les carburants de remplacement». En 1935, lord Bearsted, fondateur de la Shell, avait adressé, de Londres, un cynique avertissement aux gouvernements étrangers qui, «désireux d’atteindre une prétendue indépendance économique engageaient des dépenses pour construire des raffineries, même lorsqu’elles ne disposent pas de ressources en pétrole brut». Les gouvernants français se rendirent les premiers et devinrent les agents d’exécution des consignes des trusts pétroliers, ainsi que le député Margaine l’expliqua à ses collègues. Ils étouffèrent toute rivalité à l’industrie du pétrole anglo-saxon. En avant la valse des dollars et des sterlings pour acheter l’huile (oil) étrangère que la France refusait de puiser dans ses richesses nationales inutilisées.
Ce bilan est pénible, mais il faut avoir le courage d’aller jusqu’au bout, ne serait-ce que pour réaliser le sens de la véritable révolution économique à entreprendre. Il est clair que l’essence de pétrole, imposée au monde par les trusts, n’est pas indispensable à la bonne marche des moteurs. [...]
La plupart des savants se penchèrent sur le problème des carburants de remplacement. Les uns par curiosité scientifique, les autres par souci de détacher leur pays de la sujétion du pétrole étranger. Le professeur Jean Laigret ne trouva-t-il pas, dans son laboratoire de l’Institut Pasteur de Tunis, le microbe de la fermentation pétrolière ? Cette fermentation ayant été reproduite, il créa des hydrocarbures par le même processus que la nature employait pour transformer des matières végétales ou animales en pétrole. Découverte sensationnelle permettant de transformer des multitudes de choses qui se perdent annuellement en huile qui ne serait plus à chercher dans les entrailles de la terre. La découverte du professeur Laigret fut rendue publique en 1947. Quelles suites depuis ? Dans le même sac que le carburant par catalyse de l’eau et que les roches pétroligènes.
L’ingénieur Roger François expliqua, au Congrès soudanais de technique agricole (février 1936), comment on produisait de l’huile lourde pour moteurs en partant des graines oléagineuses, arachide y compris, appelé «pétrole végétal».
Des noms de grands savants français sont attachés à cette recherche : Sabatier, Maille, Charles Roux, etc. Depuis la mission Roux de 1932, il y eut de catastrophiques méventes de produits oléagineux en Afrique noire et particulièrement d’arachides. Elles pourrirent ou furent brûlées pour le simple spectacle des colonnes de fumée qui s’élevèrent dans le ciel.
En 1932, à Bamako, avec du matériel de fortune, on obtint le «pétrole végétal» qui fut immédiatement utilisé dans des moteurs fixes, moteurs de camions et de remorqueurs du Niger... alors que l’on importait à grands frais des combustibles étrangers pour les centrales électriques. [...]
L’achat assuré aux indigènes des graines riches et même des graines pauvres sans utilité, d’une valeur marchande actuellement presque nulle, permettrait une rapide revalorisation de la production locale non exportable, tout en évitant de débourser des devises lourdes pour l’achat de produits pétroliers.
Il serait fastidieux de citer toutes les initiatives de savants tendant au remplacement des essences de pétrole. Notons néanmoins que, voici presque trente ans, le technicien Jean Brémond réalisa la production industrielle de l’alcool de sisal sur laquelle avaient échoué tous les spécialistes du monde entier.
Imaginons que le moteur à alcool du marquis de Dion ait acquis droit de cité, l’Afrique, avec l’alcool et le «pétrole végétal» pouvait acquérir rapidement une cadence économique favorable à son développement accéléré. [...]
Le pétrole est une matière avant tout «politique». Jadis, il s’appuyait sur la «droite» ; aujourd’hui, il mise à gauche. En réalité, il a des garants politiques partout, mais il ne faut pas oublier que ce sont des ministres socialistes de la S.F.I.O. qui introduisirent le trust mondial n° 2, Royal Dutch Shell, au Sahara et, ainsi, mirent le feu aux poudres en Afrique du Nord française. Par exemple, M. Robert Lacoste, ancien ministre qui, simple syndicaliste gazier voulait pendre les banquiers, devint actionnaire de la Société pétrolière Francarep (groupe Rothschild) aux actions à un million de francs anciens chacune.
Cette puissance pétrolière est présente quel que soit le régime. Sous l’Etat français, en pleine guerre, le 13 juin 1944, le «Comité d’organisation des combustibles liquides» et le «Comité d’organisation des carburants et lubrifiants de remplacement» créèrent conjointement l’Institut du pétrole. Lequel Institut s’empressa de placer les carburants nationaux sur un plan inférieur au pétrole. Nous étions alors dans une époque cruciale où la France était paralysée par le manque de carburant. Mais les hommes dans les coulisses organisaient déjà l’avenir, leur avenir.
Inutile de s’étonner de la nuit opaque qui entoure les carburants de synthèse français. L’Allemagne, l’U.R.S.S., la Grande-Bretagne, les Etats-Unis voient plus loin que les dirigeants français des carburants. La France a perdu le pétrole algéro-saharien par la faute des anglo-saxons qui déclenchèrent le baroud nord-africain. [...]
Extraits de LA GUERRE SECRETE DU PETROLE
141 pages
Editions Delacroix